Syndrome du canal carpien et maladie professionnelle
Le syndrome du canal carpien figure au tableau n° 57 des maladies professionnelles du régime général, section C « Poignet, main et doigt ». Le délai de prise en charge est de 30 jours et aucune durée minimale d’exposition n’est exigée.
Trois conditions doivent être réunies simultanément pour que la présomption d’origine professionnelle s’applique : la maladie doit correspondre à la désignation inscrite au tableau, la première constatation médicale doit intervenir dans le délai de prise en charge, et les travaux effectués doivent figurer dans la liste limitative. Si ces trois conditions sont remplies, le lien avec le travail n’a pas à être démontré par le salarié.
Le tableau 57 a été créé par le décret du 2 novembre 1972. Depuis le décret du 19 juin 1985, la liste des travaux est limitative et non plus indicative : un travail qui n’y figure pas ne permet pas la reconnaissance par cette voie. La dernière modification du tableau, par le décret du 5 mai 2017, ne concerne pas la section C.
Tableau n° 57, section C — Poignet, main et doigt| Désignation de la maladie | Délai de prise en charge | Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer cette maladie |
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| Syndrome du canal carpien | 30 jours | Travaux comportant de façon habituelle, soit des mouvements répétés ou prolongés d’extension du poignet ou de préhension de la main, soit un appui carpien, soit une pression prolongée ou répétée sur le talon de la main. |
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| Syndrome de la loge de Guyon | 30 jours | Même liste de travaux. |
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Texte reproduit d’après l’INRS, base de données des tableaux de maladies professionnelles, régime général tableau n° 57, édition 12/2024.
Pour approfondir les données épidémiologiques et le lien entre travail et syndrome du canal carpien, consultez la mise au point consacrée à l’étude 2026 de Santé publique France.
Le délai de prise en charge : 30 jours
Le délai de prise en charge est le temps maximal admis entre la fin de l’exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie. Pour le syndrome du canal carpien, il est de 30 jours. Concrètement, si le diagnostic est posé plus de trente jours après l’arrêt de l’activité exposante, la présomption d’origine ne s’applique plus par cette voie. C’est la date de première constatation médicale qui compte, et non celle du dépôt du dossier.
Aucune durée minimale d’exposition n’est exigée
Contrairement à d’autres affections du même tableau, le syndrome du canal carpien n’impose aucune condition de durée d’exposition. Une tendinopathie chronique de la coiffe des rotateurs requiert six mois d’exposition, une rupture de coiffe un an, un syndrome canalaire du nerf ulnaire au coude quatre-vingt-dix jours. Pour le canal carpien, la colonne correspondante du tableau est vide : seule compte la nature des travaux.
La liste limitative des travaux
Quatre situations de travail sont inscrites au tableau. Elles doivent être exercées de façon habituelle, ce qui exclut les gestes occasionnels.
- Mouvements répétés ou prolongés d’extension du poignet.
- Mouvements répétés ou prolongés de préhension de la main.
- Appui carpien.
- Pression prolongée ou répétée sur le talon de la main.
La démarche de déclaration
Le médecin établit un certificat médical initial décrivant la maladie et ses constatations. Le salarié adresse ce certificat, accompagné du formulaire de déclaration, à sa caisse primaire d’assurance maladie. La caisse instruit le dossier, recueille les éléments relatifs au poste de travail et notifie sa décision. Le médecin du travail est un interlocuteur utile pour décrire précisément l’exposition, qui est le point sur lequel se jouent la plupart des dossiers.
Dans ma pratique
J’interroge systématiquement sur le poste de travail devant un canal carpien, parce que la question du délai de trente jours se pose tôt et se règle mal après coup. Quand l’exposition correspond à la liste du tableau, je le signale dès la première consultation et j’oriente vers le médecin du travail : un dossier construit pendant que l’exposition est en cours est toujours plus solide qu’un dossier reconstitué après un changement de poste.
Prévenir les récidives au travail
L’analyse du poste permet de réduire les mouvements répétés d’extension du poignet, les prises en force et les appuis sur le talon de la main. L’adaptation des outils, l’alternance des tâches et l’organisation de pauses limitent les sollicitations. Cette démarche a son intérêt même après une intervention réussie, car un poste inchangé expose aux mêmes contraintes.
Questions fréquentes
Quel est le délai de prise en charge du canal carpien au tableau 57 ?
Trente jours. C’est le délai maximal admis entre la fin de l’exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie.
Faut-il une durée minimale d’exposition pour faire reconnaître un canal carpien ?
Non. Le tableau 57 n’impose aucune condition de durée d’exposition pour le syndrome du canal carpien, à la différence de plusieurs autres affections du même tableau.
Quels travaux figurent au tableau 57 pour le canal carpien ?
Les travaux comportant de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés d’extension du poignet ou de préhension de la main, un appui carpien, ou une pression prolongée ou répétée sur le talon de la main. Cette liste est limitative.
Que signifie une liste limitative ?
Depuis le décret du 19 juin 1985, seuls les travaux expressément inscrits au tableau ouvrent droit à la présomption d’origine professionnelle. Un travail voisin mais absent de la liste ne suffit pas à déclencher cette présomption.
Le syndrome de la loge de Guyon est-il aussi reconnu ?
Oui. Il figure dans la même section C du tableau 57, avec le même délai de prise en charge de trente jours.
Qui effectue la déclaration ?
Le salarié déclare la maladie à sa caisse primaire d’assurance maladie et y joint le certificat médical initial établi par un médecin. L’employeur et le médecin du travail apportent les éléments relatifs à l’exposition.
Validation médicale
Contenu rédigé et validé médicalement par le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien orthopédiste spécialiste de la main, du poignet et du membre supérieur (RPPS 10100025286), inscrit au Conseil national de l'ordre des médecins. Membre des sociétés savantes SFCM, SOFCOT, SECEC, AAOS et FESUM. Consultations et interventions à la Clinique Jouvenet (Paris 16e) et à l'Hôpital Privé Claude Galien (Quincy-sous-Sénart).
Les informations de cette page ont une valeur strictement informative et ne se substituent pas à une consultation médicale.
Dernière révision : 2026-09-28